Affaire Sands Of Mali, quand la justice s'invite au haras

05/02/2026 - Zoom Etalon
L’affaire judiciaire concernant l’étalon Sands Of Mali a pris une nouvelle direction après que la justice irlandaise ait tranché pour protéger les intérêts des éleveurs.

 Sands of Mali


Le dossier Sands Of Mali s’est imposé ces derniers mois comme l’une des affaires judiciaires les plus sensibles qu’ait connues le monde de l’élevage européen. Au centre du litige, se trouve ce fils de Panis élevé dans le sud-ouest par Simon Urizzi, vainqueur de Gr.1 sur le sprint et jeune étalon très prometteur. Depuis de long moi existe un conflit ouvert entre son propriétaire Steve Parkin et l’exploitant de Ballyhane Stud, Joe Foley. Anciennement liés par une collaboration de longue date, les deux hommes s’opposent désormais frontalement sur la propriété du cheval, la gestion des revenus de saillie et le respect des accords contractuels, plongeant les éleveurs dans une zone d’incertitude rarement observée à ce niveau.
 
 
 
 
Le point de cristallisation du conflit a concerné la délivrance des certificats de saillie, documents indispensables à l’enregistrement des poulains et à la commercialisation des juments pleines. Leur rétention a eu des conséquences immédiates et très concrètes, certaines juments ayant été proposées sur les rings sans garantie administrative, exposant vendeurs et acheteurs à un risque juridique réel. Dans un secteur fondé sur la confiance, cette situation a créé un profond malaise, plusieurs éleveurs se retrouvant pris en étau dans un litige qui ne les concernait pourtant pas directement, sinon par ricochet économique.
 
 
 Sands of Mali photographié cet hiver lors de l'Irish Stallion Trail
 
 
Saisie à plusieurs reprises, la High Court of Ireland a finalement ordonné début février la libération des certificats pour les éleveurs en règle de leurs paiements. Le juge a souligné des manquements dans la mise en place d’un compte séquestre dédié, censé centraliser les fonds issus des saillies, et a rappelé que les différends commerciaux entre les parties ne pouvaient justifier le blocage d’outils essentiels au bon fonctionnement de la filière. Si cette décision a permis de débloquer une situation critique à court terme, elle n’a en rien réglé le fond du litige.
 
Car au-delà des certificats, la bataille porte aussi sur des montants considérables liés aux revenus de reproduction et à la récente vente de l’étalon, estimée à plusieurs millions d’euros. Les versions divergent fortement sur les sommes réellement disponibles et sur leur répartition, laissant présager de nouvelles audiences dans les mois à venir. Du fait de l’incapacité de Steve Parkin et Joe Foley à s’entendre l’étalon avait été vendu à Tattersalls en fin d’année dernière et fait désormais la monte à Yeomanstown Stud au prix de  22 500 euros.

 

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